Comme emportés par les vents du désert, nous avons quitté le Sénégal et laissé les événements nous mener vers le sud de l’Afrique, vers le désert du Kalahari, les chutes Victoria et les chaleureux Setswanais... Vers le Botswana, pour 48 mois, où Bertrand travaillera comme conseiller hydro-politique pour la SADC (Southern African Development Community) et moi, comme Conseillère en développement pour BONASO (Botswana Network of AIDS Service Organisations).

mardi 21 juillet 2009

Petit moment de bonheur!

C’est l’hiver au Botswana, les températures sont d’environ 3 degré la nuit et 20 degré le jour et c’est sec. Il n’y a normalement pas de pluies pendant des semaines et les pâturages en périphérie de la ville deviennent moins appétissants pour le bétail. La ville par contre, est traversée par des «ruelles» de broussaille bordées d’arbres. Les piétons et quelques cyclistes y maintiennent par leur passage fréquent quelques pistes ou le sol tapé ne permet plus à la végétation de pousser. Ces ruelles sont donc des petits oasis pour le bétail à la recherche d’herbe presque fraiche.
À tous les matins, avant d’aller travailler, j’apporte Florence à la garderie, en vélo. Florence, bien emmitouflée dans des couvertures et confortablement assise dans la remorque, fait tourner des têtes; la plupart des habitants de Gaborone n’ont jamais vu de telle remorque à vélo. Ces « spectateurs » réagissent étonnamment avec un fou rire. Réaction intéressante car culturellement marqué. Nous occidentaux, ne traduisons pas surprise, étonnement ou curiosité par un fou rire. Je doit alors expliquer aux enfants, que les gens ne rient pas d’eux mais que c’est leur façon d’exprimer leur étonnement. Il faut dire qu’ici, le vélo est généralement utilisé par les moins nantis, ceux qui ne peuvent pas s’acheter de voiture. Aussi, les enfants en bas âges comme Florence sont généralement collés au dos de leur mère et les garçons comme Maxime ne se font surtout pas trainer, mais marchent! Je doit aussi souvent expliquer aux setswanais qui nous interpellent, que nous allons trop loin pour que Max puisse marcher ou pédaler avec moi. Voilà donc plusieurs raisons qui expliquent chez eux ce fou rire!
J’apportais donc en début de semaine Florence à la garderie, en passant par les ruelles, comme d’habitude, afin d’éviter le trafic et les voitures non habituées à partager la route avec les deux roues. Lorsque dans la ruelle près de notre destination finale, nous avons rencontré 3 belles vaches broutants nonchalamment. Nous nous sommes évidemment arrêtées et avons pris le temps de les regarder. Florence, le visage émerveillé, a eut une belle conversation avec ses nouvelles amies. Petit moment de bonheur! Que c’est beau un enfant dont les yeux deviennent pétillants à chaque fois qu’il voit un animal, quel qu’il soit, lézard, éléphant, mille pattes, girafe ou vache!